Téthys (ThquV)

Téthys et Jupiter

Téthys est l'une des divinités primordiales des théogonies helléniques. Elle personnifie la fécondité "féminine" de la mer. Née des amours d'Ouranos et de Gaia, elle est la plus jeunes des Titanides. Elle épousa Océan, l'un de ses frères, dont elle eut un très grand nombre d'enfants, plus de trois mille, qui sont tous les fleuves du monde. Téthys éleva Héra, que lui confia Rhéa (elle aussi une titanide), pendant la lutte de Zeus contre Cronos. En témoignage de reconnaissance, Héra parvint à réconciller Téthys et Océan, qui s'étaient brouillés. La demeure de Téthys est généralement placée dans l'extrême Occident, au-delà du pays des Hespérides, dans la région où, chaque soir, le soleil termine sa course.

Références littéraires

Ov. M. 2, 508- 514

Junon est fâchée contre la jeune Arcas, fille de Lycaon.

Intumuit Iuno, postquam inter sidera paelex
Fulsit et ad canam descendit in aequora Tethyn
Oceanumque senem, quorum reuerentia mouit
Saepe deos, causamque uiae scitantibus infit : 
"Quaeritis aetheriis quare regina deorum
Sedibus hic adsim ? Pro me tenet altera caelum.

Junon, indignée de voir sa rivale resplendire au milieu des astres, descend dans la mer chez la blanche Téthys et le vieil Océan, devant lesquels les dieux ont été souvent émus de respect, et, comme tous deux lui demandent le motif de son voyage, elle répond : "Vous voulez savoir pourquoi la reine des dieux, quittant l'empyrée, est venue jusqu'ici; une autre règne à ma place dans le ciel.

Ov. M. 2, 150-160

Histoire de Phaéthon, fils de Clymène et petit-fils de Téthys.

Occupat ille leuem iuuenali corpore currum
Statque super manibusque leues contigere habenas
Gaudet et inuito grates agit inde parenti.
Interea uolucres Pyrois et Eous et Aethon,
Solis equi, quartusque Phlegon hinnitibus auras
Flammiferis inplent pedibusque repagula pulsant.
Quae postquam Téthys, fatorum ignara nepotis,
Reppulit et facta est inmensi copia caeli,
Corripuere uiam pedibusque per aera motis
Obstantes scindunt nebulas pennisque leuati
Praetereunt ortos isdem de partibus Euros.

Phaéthon s'empare du char, bien léger sous ce corps juvénile; il s'y place debout, tout joyeux de toucher de ses mains les rênes qui lui sont confiées, et de là il rend grâce à son père, qui lui cède à regret. Cependant les rapides coursiers du Soleil, Pyrois, Eoiis, Ethon et Phlégon, le quatrième, remplissent les airs de leurs hennissements et de leur souffle enflammé et ils frappent de leurs pieds les barrières. A peine Téthys, ignorant la destinée de son petit-fils, les a-t-elle repoussées devant eux, à peine leur a-t-elle livré le ciel immense, qu'ils prennent leur essor; de leurs pieds agités dans les airs ils fendent les nuages qui leur font obstacle et, enlevés par leurs ailes, ils dépassent l'Eurus, né dans les mêmes régions.

Ov. M. 13, 944-955

Glaucus s'adressant à la jeune fille Scylla.

Vix bene combiberant ignotos guttura sucos,
Cum subito trepidare intus praecordia sensi
Alteriusque rapi naturae pectus amore.
Nec potui restare diu : "repetenda" que "numquam
Terra, uale; " dixi corpusque sub aequora mersi.
Di maris exceptum socio dignantur honore,
Vtque mihi quaecumque feram mortalia, demant,
Oceanum Tethynque rogant; ego lustror ab illis
Et, purgante nefas nouies mihi carmine dicto,
Pectora fluminibus iubeor supponere centum.
Nec mora, diuersis lapsi de partibus amnes
Totaque uertuntur supra caput aequora nostrum.

A peine leurs sucs inconnus ont-ils pénétré ma gorge que je sens tout à coup mon coeur bondir dans ma poitrine et céder à l'attrait d'un autre élément. Je ne puis y résister longtemps : " O terre, m'écrié-je, jamais plus je ne reviendrai vers toi; adieu !" Et je me précipite sous les eaux. Les dieux de la mer, m'ayant accueilli, daignent m'associer à leur pouvoir; ils prient l'Océan et Téthys de faire disparaître ce qu'il y avait en moi de mortel; ceux-ci me purifient, ils prononcent neuf fois une formule sacrée qui me débarrasse de toute souillure et m'ordonne de plonger mon corps dans une centaine de fleuves. Aussitôt des fleuves des pays les plus divers roulent la masse de leurs eaux au-dessus de ma tête.

Sources


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Eline Hauser, 20.11.2002