Les Parques
Les Parques (par euphémisme, parco
signifiant: épargner) sont les divinités du destin,
elles sont la transposition latine des Moires grecques.
On les représente comme des fileuses mesurant à leur
gré la vie des hommes; elles sont au nombre de trois:
Nona, Decima et Morta (Clotho,
Lachesis et Atropos chez les Grecs).
On pense que ces trois fileuses sont les filles de Jupiter
et de Thémis et les soeurs
des Heures, mais selon une autre source, elles seraient
nées de la Nuit au commencement des âges. Il semble
également qu'à l'origine, les Parques fussent,
dans le religion romaine, les démons de la naissance, mais ce
caractère primitif s'effaça devant l'attraction des
Moires grecques.
Les trois Parques ont chacune un rôle bien
défini: Clotho (Nona) fabrique le fil de la vie,
Lachésis (Decima) déroule ce même
fil et Atropos (Morta) le tranche de ses ciseaux.
Les Parques sont le symbole de l'évolution de
l'univers, du changement nécessaire qui commande aux rythmes
de la vie et qui impose l'existence et la fatalité de la mort.
Arracher un homme ou un héros à la mort (ou si l'on
veut, en termes mythologiques, le faire remonter des Enfers) n'est
possible que dans des cas exceptionnels et toujours en échange
de quelque chose d'autre. En effet les Parques sont aussi
inflexibles que le destin; elles incarnent une loi que même les
dieux ne peuvent transgresser sans mettre l'ordre du monde en
péril. Ce sont les Parques qui empêchent telle ou
telle divinité de porter secours à un héros
particulier sur le champ de bataille, lorsque son «heure»
est arrivée.
Aucun mythe propre aux Parques n'a été écrit,
mais on rencontre dans la littérature latine de nombreux
mythes de descentes aux Enfers dans lesquels on nous raconte
l'histoire tragique de ces dieux qui voient leur propre pouvoir
combattu par celui de la Mort. Toutefois, elles aidèrent
Jupiter dans son combat contre les
géants et contre Typhon. Par contre elles furent
trompées par Apollon qui les
fit boire et elles laissèrent ainsi vivre, au-delà de
sa part de vie, son ami Admète.
Les Parques étaient représentées, sur le
Forum, par trois statues que l'on appelait couramment les «Trois
Fées» (les tria Fata = les trois
«Destinées»).
Mart., IV, 54, 5-10 :
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Lanificas nulli tres exorare
puellas contigit: obseruant quem statuere diem. |
Personne n'a jamais eu le bonheur d'attendrir par ses prières les trois fileuses: elles sont attentives au jour qu'elles ont fixé. Que tu sois plus riche que Crispus, plus ferme que Thraséas lui-même, plus raffiné que l'élégant Melior, Lachésis n'ajoute pas un brin de laine à ton compte; elle déroule sans arrêt les fuseaux des trois soeurs et toujours l'une d'elle coupe le fil. |
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Cum grauis extremas Vestinus duceret horas et iam per Stygias esset iturus aquas, ultima uoluentis orauit pensa sorores, ut traherent parua stamina pulla mora, iam sibi defunctus caris dum uiuit amicis. Mouerunt tetricas tam pia vota deas. Tunc largas partitus opes a luce recessit, seque mori post hoc credidit ille senem. |
Comme Vestinus, malade, vivait ses derniers instants et qu'il était sur le point de passer les eaux du Styx, il supplia les trois soeurs, qui déroulaient leur dernier brin de laine, de ralentir quelques instants le mouvement de leurs noirs fuseaux, tandis que déjà mort à ses yeux, il ne vivait plus que pour ses chers amis. Une prière si affectueuse toucha les sombres déesses. Il partagea alors entre eux ses amples richesses et n'abandonna qu'ensuite la lumière du jour, avec le sentiment qu'il mourait après cela dans un âge avancé. |
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Eliane Fleury,
7.5.2001 |