Orphée et Eurydice (OrfeuV kai Eurudikh)

Orphée

Orphée, originaire de Thrace, est le fils d'Oeagre (homme fleuve) et de la muse Calliope.
Orphée est le chanteur, musicien et poète par excellence de son temps. Grâce à sa lyre, il acquiert un pouvoir et un charme magique. Quand il joue, les bêtes sauvages le suivent, les arbres et les plantes s'inclinent vers lui et les hommes les plus farouches deviennent aussi dociles que des enfants. On dit aussi qu'il a inventé la cithare à neuf cordes en l'honneur des Muses.
Orphée
prend part à l'expédition des Argonautes, qui sont à la recherche de la toison d'or. Durant ce voyage, il sauve ses amis, attirés par les chants des Sirènes, en surpassant en douceur les accents des magiciennes.
Mais le mythe le plus célèbre relatif à Orphée (et le plus chargé de symbolisme que connaisse la mythologie hellénique) est celui de sa descente aux Enfers pour récupérer son amour Eurydice (fille d'Apollon).
La mort d'Orphée a donné lieu à un grand nombre de traditions. La plupart du temps, on raconte que de retour des Enfers, Orphée s'enferme dans une solitude que seule la présence de jeunes gens brisera. Ainsi, il fonde la pédérastie (club homosexuel). Les femmes thraces, jalouses, tuèrent Orphée et ses fidèles.

Référence littéraire

Virg. G., IV, 485-496

Orphée descend aux Enfers et tente de ramener sa compagne Eurydice.

Iamque pedem referens casus euaserat omnis redditatque Eurydice superas ueniebat ad auras pone sequens (namque hanc dederat Proserpina legem), cum subita incautum dementia cepit amantem, ignoscenda quidem, scirent si ignoscere Manes: restitit Eurydicenque suam iam luce sub ipsa immemor heu! uictusque animi respexit. Ibi omnis effusus labor atque immitis rupta tyranni foedera, terque fragor stagnis auditus Auerni. Illa: "Quis et me" inquit "miseram et te perdidit, Orpheus, quis tantus furor? En iterum crudelia retro fata uocant conditque natantia lumina somnus".

Déjà, revenant sur ses pas, Orphée avait échappé à tous les hasards; Eurydice lui était rendue et remontait vers les airs en marchant derrière lui (car Proserpine lui en avait fait une loi), quand un égarement soudain s'empara de l'imprudent amant, égarement bien pardonnable, si les Mânes savaient pardonner! Il s'arrêta, et au moment où ils atteignaient déjà la lumière, oubliant tout, hélas! Et vaincu dans son coeur, il se retourna pour regarder son Eurydice. Aussitôt s'évanouit le résultat de tous ses efforts, le pacte conclu avec le tyran cruel fut rompu, et trois fois un bruit éclatant monta des marais de l'Averne. Alors: "Quelle est, dit-elle, cette folie qui m'a perdue, malheureuse que je suis, et qui t'a perdu, Orphée? Quelle folie? Voici que pour la seconde fois les destins cruels me rappellent en arrière et que mes yeux se ferment, noyés dans le sommeil".

Ov., M., V, 73-84

Orphée, pour la deuxième fois, supplie les dieux de lui rendre Eurydice.

Orantem frustraque iterum transire uolentem portitor arcuerat; septem tamen ille diebus squalidus in ripa Cereris sine munere sedit; cura dolorque animi lacrimaeque alimenta fuere. [...] omnemque refugerat Orpheus femineam Venerem, seu quod male cesserat illi, siue fidem dederat; multas tamen ardor habebat iungere se uati; multae doluere repulsae.

Vainement il essaie de passer une seconde fois; le péage le repousse; il n'en resta pas moins pendant sept jours assis sur la rive, négligeant sa personne et privé des dons de Cérès; il n'eut d'autres aliments que son amour, sa douleur et ses larmes. [...] Orphée avait fui tout commerce d'amour avec les femmes, soit parce qu'il en avait souffert, soit parce qu'il avait engagé sa foi; nombreuses cependant furent celles qui brûlèrent de s'unir au poète, nombreuses celles qui eurent le chagrin de se voir repoussées.

Sources


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Sara Schneider,12.3.02