Les Nymphes (Numfai)

Les Naïades

(en grec «jeunes femmes», «mariées»).

Esprits féminins d'origine divine ou semi-divine - en général filles de Zeus -, qui passaient chez les Grecs pour habiter dans des lieux naturels précis; elles furent peut-être, à l'origine, des déesses locales de la nature. Elles étaient considérées comme immortelles, ou du moins, pouvant vivre très longtemps (Plutarque disait que leur durée de vie moyenne était de 9620 ans), tout en restant toujours jeunes et belles. Le nom générique «nymphe» s'applique à de nombreuses divinités féminines mineures. Elles étaient généralement associées aux notions de fécondité, de croissance, aux arbres comme à l'eau. On les distinguait suivant le domaine de la nature auquel elles appartenaient. Les Océanides, par exemple, étaient les nymphes de la mer; les Néréides habitaient également l'eau saline et l'eau fraîche; les Naïades présidaient aux sources, aux rivières et aux lacs; les Dryades et les Hamadryades aux forêts et aux arbres. L'Italie avait ses propres divinités des sources et des ruisseaux, ses déesses aquatiques, appelées lymphae, qui tendirent à se confondre avec les nymphes grecques.

Références littéraires

Virg., B., VI, 52-60 :

A! virgo infelix, tu nunc in montibus erras:
ille, latus niveum molli fultus hyacintho,
ilice sub nigra pallentis ruminat herbas,
aut aliquam in magno sequitur grege. «Claudite Nymphae,
Dictaeae Nymphae, nemorum jam claudite saltus,
si qua forte ferant oculis sese obvia nostris
errabunda bovis vestigia: forsitan illum
aut herba captum viridi aut armenta secutum
perducant aliquae stabula ad Cortynia vaccae. »

Ah! vierge infortunée, tu erres maintenant sur
les montagnes; et lui, de son flanc neigeux
pressant la moelleuse hyacinthe, sous une
yeuse noire, il rumine des herbes claires ou
suit quelque génisse dans un grand troupeau.
«Fermez, Nymphes, Nymphes de Dicté,
fermez tout de suite les clairières du bocage,
pour le cas où nos regards tomberaient sur les
traces du taureau vagabond; peut-être, si
l'herbe verte l'a séduit ou s'il a suivi un troupeau,
se laissera-t-il amener par quelques génisses
jusqu'aux étables de Gortynes. »

Virg., En., VIII, 71-73 :

«Nymphae, Laurentes nymphae, genus amnibus undest,
tuque, o Thybri tuo genitor cum flumine sancto,
accipite Aenean et tandem arcete periclis.»

«Nymphes, Nymphes des Laurentes, qui
donnez naissance aux fleuves, et toi, Ô Tibre,
leur père, toi et ton fleuve sacré, recevez Enée,
écartez enfin de lui les périls. »

Source


Retour à l'index

Coriandre Richard, 15.04.2002