Narcisse

Narcisse tableau de B. Conda de Satriano (fin du XIXe siècle)

Fils du Céphise (un fleuve) et d'une nymphe, Liriopé, il est l'un des rare enfants à être, dès sa naissance, aimé des nymphes.
Jeune homme magnifique, il est très vite désiré par de nombreuses jeunes filles (dont Echo, la nymphe à la voix sonore) et de nombreux garçons qu'il méprise et dédaigne, imbu de lui-même.
Un jour, alors qu'il veut se désaltérer, il tombe amoureux d'un jeune homme qu'il voit dans l'eau et qui n'est autre que son reflet. Dévoré par cet amour, il sombre peu à peu dans une sorte de folie, et un jour qu'une des ses larmes tombée à l'eau fait fuir son reflet, il décide de se laisser mourir, simplement en s'endormant, aux côtés de l'objet de son amour.
Finalement, pleuré par toutes et tous, on retrouve à la place de son cadavre au moment de le brûler, une jolie fleur jaune dont le coeur est entouré de feuilles blanches, le narcisse.

Références littéraires

 Ov., M., III, 502-512 :

Ille caput viridi fessum submisit in herba ;
Lumina mors clausit domini mirantia formam.
Tum quoque se, postquam est inferna sede receptus,
In Stygia spectabat aqua. Planxere sorores
Naides et sectos fratri posuere capillos ;
Planxerunt dryades ; plangentibus adsonat Echo.
Jamque rogum quassasque faces feretrumque parabant ;
Nusquam corpus erat ; croceum pro corpore florem
Inueniunt foliis medium cingentibus albis.

Puis il posa sa tête fatiguée sur l'herbe verte, et la nuit ferma ses yeux emplis d'admiration pour la beauté de leur maître. Et, même quand il eût été reçu dans l'infernal séjour, il se contemplait encore dans l'eau du Styx. Ses soeurs, les Naïades, firent retentir leurs pleurs et déposèrent sur la tombe de leur frère leurs cheveux coupés. Les Dryades le pleurèrent aussi. Le son de ces pleurs est redoublé par Echo. Et déjà elles préparaient le bûcher, les torches que l'on secoue, la civière ; mais le corps avait disparu. À sa place, elles trouvent une fleur jaune safran dont le coeur est entouré de feuille blanches.

 Ov., M., III, 340-345:

Prima fide uocisque ratae temptamina sumpsit
Caerula Liriope, quam quondam flumine curuo
Inplicuit clausaeque suis Cephisos in undis
Vim tulit. Enixa est utero pulcherrima pleno
Infantem nymphe, iam tunc qui posset amari,
Narcissumque uocat. (...)

La première qui fit l'épreuve de la vérité de ses oracles fut Liriope aux cheveux d'azur (rivière de Béotie) ; jadis le Céphise (Cours d'eau) l'enlaça dans son cours sinueux et, la tenant enfermée au milieu de ses ondes, il lui fit violence. Dotée d'une rare beauté, elle conçut et mit au monde un enfant qui dès lors était digne d'être aimé des Nymphes ; elle l'appela Narcisse.

Sources


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Marc Woog, 15.4.2002