Les Muses

Sarcophage romain dit "des Muses". Marbre, 150 av. J.-C., Paris, musée du Louvre.  

Filles de Mnémosyne et de Zeus, elles sont les neuf divinités grecques des Arts et des Sciences, présidées par Apollon. Elles ont chacune des fonctions différentes :

Les Muses ne sont pas seulement les chanteuses divines, celles dont les choeurs et les hymnes réjouissent Zeus et tous les dieux, mais elles président à la pensée, sous toutes ses formes : éloquence, persuasion, sagesse, histoire, mathématiques, astronomie.
Il existait deux groupes principaux de Muses: celles de Thrace (Piérie), et celles de Béotie, qui vivaient sur les pentes de l'Hélicon. Les premières, voisines de l'Olympe, portent souvent, en poésie, le nom de Piérides. Les Muses de l'Hélicon sont placées plus directement sous la dépendance d'Apollon. C'est lui qui dirige leurs chants. D'autres groupes de Muses existaient aussi dans d'autres pays.
Le nombre des Muses était assez variable avant l'âge classique: à Delphes, elles ne sont que trois; à Lesbos, elles sont sept. A partir de l'époque classique, le nombre neuf s'est imposé (voir ci-dessus).
Elles interviennent comme "chanteuses" dans toutes les grandes fêtes des dieux. Souvent, elles sont citées comme témoins d'un poème ou d'une oeuvre artistique quelconque, mais elles font aussi partie des mythes, des épopées. Elles sont présentes dans plusieurs grandes oeuvres.

Références littéraires

Virgile, Enéide, IX, v. 525-529

Vos, o Calliope, precor, aspirate canenti,
Quas ibi tum ferro strages, quae funera Turnus
Ediderit, quem quisque virum demiserit Orco,
Et mecum ingentes oras evolvite belli:
Et meministis enim, divae, et memorare potestis.

Ô vous, Muses, et toi Calliope, je vous en prie, inspirez mon chant, dites les jonchées de cadavres, les funérailles dont le fer de Turnus fut alors l'auteur, les guerriers qu'on précipita chez Orcus, et déroulez avec moi les grands tableaux de cette guerre : et en effet, vous vous en souvenez, déesses, et vous pouvez le raconter. 

Virgile, Enéide, VII, v. 641-646

Pandite nunc Helicona, deae, cantusque movete,
Qui bello exciti reges, quae quemque secutae
Complerint campos acies, quibus Itala jam tum
Floruerit terra alma viris, quibus arserit armis;
Et meministis enim, divae, et memorare potestis:
Ad nos vix tenuis famae perlabitur aura.

Ouvrez-moi maintenant l'Hélicon, ô Déesses, et entonnez vos chants, dites quels rois partirent pour la guerre, quelles armées à leur suite couvrirent les plaines, quels guerriers vit fleurir, dès lors, la terre sacrée d'Italie, quelles armes l'embrasèrent; car vous vous en souvenez, ô déesses, et vous pouvez le dire : nous, c'est à peine si un souffle ténu de la renommée glisse jusqu'à nos oreilles.

Sources


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Anouck Berbier, 5.5.02