
Le terme «Mânes» dérive de
l'adjectif archaïque manus (bon) et s'oppose à
immanis (monstrueux). Les Mânes sont donc
proprement les "Bons". Ils sont vénérés par un
culte public et privé. Lorsque l'on fondait une ville, on
creusait d'abord un trou rond (le mundus, image du ciel
renversé). Dans le fond on encastrait une pierre, lapis
manalis, qui figurait une porte des Enfers. Pour laisser passage
aux Mânes, on écartait cette pierre le 24
août, le 5 octobre et le 8 novembre. Le culte était
destiné à apaisé leur colère: à
l'origine on leur offrait des sacrifices sanglants; il est probable
que les premiers combats de gladiateurs furent institués en
leur honneur. Leurs fêtes (les Parentalia et les
Feralia) se célébraient au mois de
février. Du 13 au 26, les affaires chômaient et les
temples étaient fermés; on décorait les tombes
avec des violettes, des roses, des lis, du myrte, et l'on y
déposait des nourritures variées.
Comme les Grecs, les Latins plaçaient les Enfers au centre de
la terre. On y accédait par diverses ouvertures, cavernes,
lacs, marécages. Une des plus célèbres
était le lac Averne, situé en Campanie, aux environs de
Pouzzoles, dans un site désertique et sévère.
Les collines qui l'entourent étaient jadis couvertes de bois
consacrés à Hécate (luci averni),
et creusées de cavités par lesquelles, selon
Cicéron, on invoquait les âmes des morts. Au voisinage
de l'Averne, on voit encore la grotte dite de la Sibylle. Fors
fortuna, elle représente le destin avec toutes ces
inconnues. Son nom dérive de fero. Dès la plus
haute antiquité, elle était
vénérée dans plusieurs provinces italiques, mais
son culte le plus important se célébrait à
Préneste dans le Latium, où un certain Numerius
Suffustus, en creusant un rocher, avait découvert des
sortes (tablettes) en chêne, sur lesquelles se
trouvaient inscrites des formules mystérieuses qui servaient
à rendre des oracles.
A Préneste, Fortuna était appelée
Primigenia, première-née (de Jupiter)
et, par une inconséquence qui n' est point rare dans
l'histoire des anciens mythes, elle était
considérée tout à la fois comme la fille et la
nourrice de Jupiter.
Fortuna Primigenia fut introduite à Rome en 204,
à l'époque de la seconde guerre punique. Mais les
Romains possédaient déjà une Fortuna,
qu'ils disaient avoir favorisé l'étonnante ascension
politique de Servius Tullius, l'esclave devenu roi. Une
légende faisait de Servius Tullius le fils de Fortuna;
une autre en faisait son amant: et la déesse, pour le visiter,
se serait glissée, pendant la nuit, par une lucarne. La Porta
Fenestella, à Rome, rappelait ce souvenir.
Fortuna était honorée sous de nombreux vocables.
À Rome, elle portait le nom de Fortuna publica populi
romani. Fortuna Muliebris, protectrice des matrones
univirae (mariées une seule fois), avait
décidé Coriolan à lever le siège de Rome
sur les instances de sa mère et des femmes romaines. Une
statuette en or de Fortuna ne devait point quitter la chambre
à coucher des empereurs. Les citoyens qu'une chance ou un
malheur notoires illustraient possédaient une Fortuna.
César, surpris en mer par une tempête, dit à son
pilote effrayé: «Que crains-tu ? Tu portes César
et Fortuna.»
Les représentations, innombrables, de la Fortune ont comme
attributs principaux la roue, la sphère, le gouvernail, la
proue de navire, la corne d'abondance. La déesse est
tantôt assise, tantôt debout: elle porte parfois des
ailes.
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D.M. Le texte doit être lu comme suit: D(is) M(anibus) |
Aux dieux mânes de Gaius Julius Maximinus, soldat émérite de la Ville légion, bénéficiaire d'un procurateur et ayant reçu son congé honorable. Ce monument a été élevé par son épouse Similinia Paterna à son époux très cher. Maximinus repose ici. Bonjour, passant, adieu (ou bon voyage), passant. |
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Larissa Siegenthaler, 8.5.02 |