Europe (Europa)

Jupiter en taureau

Europe est la fille d'Agénor, roi de Sidon, et la soeur de Cadmus. Alors qu 'elle s'amuse avec des amies sur une plage de Tyr, Jupiter l'observe et tombe aussitôt amoureux d'elle. Afin de s'approcher de l'objet de son amour, il prend la forme d'un magnifique taureau, se mêle aux jeunes filles, se couche et se laisse caresser (Certains auteurs affirment qu'il ne s'agit pas de Jupiter lui-même, mais simplement d' un appât pour attirer la jeune fille vers lui). Europe le trouve alors si doux et si lisse qu'elle finit par s'asseoir sur le dos de l'animal ; aussitôt, celui-ci se lève et s'élance vers la mer où il s'enfuit à la nage dans les eaux profondes. Très vite, les amies d' Europe les perdent à jamais de vue...
Après avoir nagé jusqu'en Crète, le taureau dépose la jeune fille sur le rivage où il lui révèle alors son identité. Puis, il s'unit à elle sous un platane qui restera dès lors toujours vert, ou bien, selon d'autres auteurs, dans la grotte du mont Dicté où il avait été élevé.
Europe donne ensuite naissance à trois enfants : Minos, Rhadamanthe et Sarpédon (qui deviendront les juges des Enfers). Comme pour la remercier de ce magnifique cadeau, Jupiter lui offre alors trois présents : une lance qui ne manque jamais son but, un chien (Laelaps) qui ne laisse jamais échapper sa proie, et Talos, un homme qui fait tous les jours le tour de la Crète en y tuant les étrangers.

Références littéraires

Ov., M., 103-107, VI:

Maeonis elusam designat imagine tauri
Europam ; verum taurum, freta vera putares.
Ipsa videbatur terras spectare relictas
Et comites clamare suas tactumque vereri
Assilientis aquae timidasque reducere plantas.

La Méonienne dessine Europe abusée par l'image d'un taureau ; on croirait voir un vrai taureau, une vrai mer.
Europe paraissait tourner ses regards vers la terre qu'elle avait quittée, appeler ses compagnes et, pour ne pas être touchée par les flots qui l'assaillaient, ramener en arrière ses pieds craintifs.

Dans les Métamorphoses d'Ovide, un autre passage indirectement lié à l'histoire d'Europe est raconté au chant VIII.
Scylla, amoureuse folle de Minos et pour qui elle a quitté famille et patrie, éclate dans une terrible colère un jour que celui-ci la contrarie...

Ov., M., 118-123, VIII:

Hac quoque si prohibes, et nos, ingrate, relinquis,
Non genetrix Europa tibi est, sed inhospita Syrtis,
Armeniae tigres austroque agitata Charybdis.
Nec Iove tu natus, nec mater imagine tauri
Ducta tua est. (...)

Si tu me l'interdis aussi et si tu m'abandonnes, ingrat, non ce n'est pas Europe qui t' a donné le jour, mais la Syrte inhospitalière, des tigres d'Arménie ou Charybde soulevée par l'auster. Non, tu n'es pas la fille de Jupiter et ta mère n'a pas été séduite par la forme trompeuse d'un taureau. (...)

Sources


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Marc Woog, 17.6.02