Chiron (Ceirwn)

Cette fresque découverte à Herculanum nous montre le centaure Chiron faisant l'éducation d'Achille.

Les centaures sont connus comme étant des créatures sauvages et féroces. Mais Chiron fait exception. Il est connu pour sa sagesse et sa bonté. Il est le fils du dieu Saturne et de Philyre, une fille d'Océan. Il fait donc partie de la même génération que Jupiter et les Olympiens. Sa double nature, buste et visage d'homme et corps de cheval s'explique par le fait que Saturne s'est uni à Philyre sous la forme d'un cheval. Il vivait dans une grotte du Mont Pélion, en Thessalie.
Il protégea tout particulièrement Pélée (père d'Achille) lors de ses aventures à la cour d'Acaste, en le défendant contre la brutalité des autres centaures.C'est aussi lui qui donna à Pélée le conseil d'épouser Thétis, et lui enseigna comment la contraindre à ce mariage, en l'empêchant de se métamorphoser. C'est pourquoi Pélée lui confia son fils après la séparation avec sa femme.
Il était si bon envers les hommes qu'on lui confiait et donnait pour disciples tous les jeunes fils de héros. Ainsi Achille fut son élève tout comme l'étaient Esculape le grand médecin, Jason, Actéon le fameux chasseur et bien d'autres encore. Même Apollon aurait bénéficié de son enseignement. Il enseignait la musique, l'art de la chasse et de la guerre, la morale et bien sûr la médecine car il était un célèbre médecin.
Il était le seul centaure immortel mais il mourut tout de même. Hercule fut indirectement et involontairement la cause de sa mort. Il rendait visite à un centaure de ses amis, Pholos. Talonné par la soif, il persuada celui-là de mettre en perce une barique de vin qui était la propriété commune de tous les centaures. L'arôme répandu par cette liqueur remarquable informa les autres de ce qui s'était passé et ils voulurent tirer vengeance de l'offenseur. Mais Hercule était plus que de force à leur tenir tête. Il les vainquit; au cours du combat, il blessa Chiron par accident, lequel n'avait pas participé à l'attaque. La blessure se révéla incurable et Zeus permit à Chiron de mourir plutôt que de continuer à vivre à jamais dans la douleur.
Une étrange légende raconte que Chiron proposa de prendre la place du Titan Prométhée et de mourir à sa place, ce qui lui aurait été accordé. Une autre légende dit qu'il a été placé dans le Zodiaque où il forme la constellation du Sagittaire.

Références littéraires

 Ov., M., II, 626-634 :

Vt tamen ingratos in pectora fudit adores
Et dedit ampleus iniustaque iusta peregit,
Non tulit in cinires labi sua Phoebus eosdem
Semina, sed natum flammis uteroque parentis
Eripuit geminique tulit Chironis in antrum
Sperantemque sibi non falsae praemia linguae
Inter aues albas uetuit consistere coruum
Semifer interea diuinae stirpis alumno
Laetus erat mixtoque oneri gaudebat honore.

Mais, lorsqu'il a répandu sur le sein de son amie des parfums qu'elle ne peut pas agréer, lorsqu'il l'a embrassée et lui a rendu les justes honneurs que lui vaut une mort injuste, Phoebus ne souffre pas que le même feu réduise en cendres le germe issu de lui; il arrache son fils des flammes et du sein maternel et le porte dans l'antre de Chiron au corps hybride. Quant au corbeau, qui attendait la récompense de son fidèle récit, il l'exlut du nombre des oiseaux au plumage blanc. Cependant le demi-animal était heureux d'avoir pour élève un enfant d'une race divine et l'honneur qui s'alliait à sa lourde tâche faisait sa joie.

Plin., H.N., VII, 196 :

Medicinam Aegyptii apud ipsos uolunt repertam, alii per Arabum, Babylonis et Apollinis filium, herbariam et medicamentariam a Chirone, Saturni et Philyrae filio.

Selon les Egyptiens, la découverte de la médecine aurait été faite chez eux; selon d'autres, par Arabus, fils de Babylone et d'Apollon; la botanique et la pharmaceutique seraient dues à Chiron, fils de Saturne et de Philyre.

Hygin., Fab, 274, 9 :

Chiron, centurus, Saturni filius, artem medicinam chirurgicam ex herbis primus instituit. Apollo artem oculariam medicinam primus fecit. Tertio autem loco Asclepius, Apollinis filius, clinicen reperit.

Le centaure Chiron, fils de Saturne, fonda le premier l'art de la médecine chirurgicale

Ov., F., V, 381-384 :

Le séjour de Chiron:

Pelion Haemoniae mons est obuersus in Austros:
Summa uirent pinu, cetera quercus habet.
Phillyrides tenuit; saxo stant antra uetusto
Quae iustum memorant incoluisse senem.

Le Pélion est un mont d'Hémonie (ancien de la Thessalie), exposé aux vents du midi; à son sommet verdoient les pins, ses flancs sont couverts de chênes. C'était le séjour du fils de Philyra: un antique rocher se dresse, creusé d'une caverne où habitait, dit-on, cet équitable vieillard.

Ov., F., V, 385-386 :

Le maître d'Achille:

Ille manus olim missuras Hectora leto
Creditur in lyricis detinuisse modis.

C'est lui, croit-on, qui initia aux mélodies lyriques les mains qui devaient un jour envoyer Hector au trépas.

Ov., F., V, 397-406 :

La mort de Chiron

Dumque senex tractat squalentia tela uenenis,
Excidit et laeuo fixa sagitta pede est.
Ingemuit Chiron traxitque e corpore ferrum:
Et gemit Alcides Haemoniusque puer.
Ipse tamen lectas Pagasaeis collibus herbas
Temperat et uaria uolnera mulcet ope.
Virus edax superabat opem penitusque recepta
Ossibus et toto corpore pestis erat.
Sanguine Centauri Lernaeae sanguis echindnae
Mixtus ad auxilium tempora nulla dabat.

Pendant que le vieillard manie les traits enduits de poison, une flèche tombe et se plante dans son pied gauche. Chiron gémit et arrache le fer de son corps; Alcide gémit lui aussi, ainsi que le jeune Hémonien (Achille).
Cependant le Centaure mélange des herbes cueillies sur les collines de Pagase et multiplie les ressources de son art pour calmer sa blessure; mais le poison dévorant triomphait de l'art et le mal avait pénétré jusque dans les os, se répandant dans le corps entier; le sang de l'hydre de Lerne s'étant mélangé avec le sang du centaure, il n'était plus temps de secourir le blessé.

Pindare, Pythiques, III, 1-7 :

Le fils de Philyra:

Texte grec

Je voudrais que Chiron, fils de Phylira - s'il faut que ma langue soit l'interprète d'un voeu de tous les coeurs - vécût encore, lui que nous pleurons, le puissant fils de Chronos l'Ouratide, et qu'il régnât encore sur les vallées du Pélion, le Centaure agreste, plein d'amour pour les hommes! N'est-ce pas lui qui jadis instruisit le doux artisan de la santé robuste, Asclépios (Esculape), le héros guérisseur de toutes les maladies.

 

Sources


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Sarah Mettler, 06.05.02