Charon (Carwn)

Charon (Michel-Ange, le Jugement dernier, Chapelle sixtine, 1536-1541)

Charon est le passeur (ou nocher) des Enfers. Son rôle est de faire passer les âmes des morts sur l'autre rive de l'Achéron, l'un des fleuves des Enfers. Il ne laisse prendre place sur sa barque que ceux qui lui ont versé un droit de passage. C'est pour cette raison qu'on avait l'habitude de mettre une pièce de monnaie dans la bouche des morts avant de les enterrer.
Charon est généralement représenté comme un vieillard très laid, avec une barbe grise et hirsute. Il porte un manteau en haillons. Il est tyrannique et brutal avec les âmes des morts : elles doivent faire avancer elles-mêmes la barque, Charon ne faisant que la diriger.

Référence littéraire

Virgile, En. VI, 298-304 et 313-316

Portitor has horrendus aquas et flumina servat
terribili squalore Charon, cui plurima mento
canities inculta iacet, stant lumina flamma,
sordidus ex umeris nodo dependet amictus.
Ipse ratem conto subigit velisque ministrat
et ferruginea subvectat corpora cumba,
iam senior, sed cruda deo viridisque senectus.

(...)

L'effrayant batelier des Enfers, Charon, d'une terrible saleté, garde ces eaux et ces fleuves, il a de très nombreux poils blancs au menton, la flamme de ses yeux reste immobile, son manteau sale pend de ses épaules, attaché par un nœud. Il fait avancer lui-même sa barque avec une perche, la dirige grâce aux voiles et transporte les corps dans son embarcation couleur de fer ; le dieu est déjà assez vieux, mais sa vieillesse est encore vigoureuse et verte.

(...)

Stabant orantes primi transmittere cursum
tendebantque manus ripae ulterioris amore
Navita sed tristis nunc hos nunc accipit illos,
ast alios longe summotos arcet harena.

Ils se tenaient debout, suppliant d'être les premiers à effectuer le trajet, et ils tendaient leurs mains avec le désir d'atteindre l'autre rive. Mais le sombre batelier accepte tantôt ceux-ci, tantôt ceux-là, et il tient à distance les autres qu'il a écartés au loin sur la grève.

Sources


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Mélanie Girard, 26.11.02