Bacchus
Bacchus (Dionysos chez les Grecs) est le dieu du vin, de la vigne, de la végétation, de la danse ainsi que des plaisirs de la vie. Il est parfois nommé Liber parce que le dieu du vin délivre l'esprit de tout souci.
Il est le fils de Sémélé et de Jupiter, c'est donc un demi-dieu. Sémélé mourut avant la naissance de Bacchus; elle voulut voir Jupiter dans toute sa splendeur, mais incapable de supporter l'éclat divin , elle tomba foudroyée. Aussitôt, Jupiter s'empressa de coudre l'enfant dans sa cuisse jusqu'à sa naissance (d'où son nom Dionysos: deux fois né).
Junon voulait la mort de Bacchus, fruit des amours adultères de son mari. Celui-ci eut donc une enfance tourmentée et dut se cacher et se changer tantôt en bouc, tantôt en jeune fille. Il grandit parmi les nymphes qui lui enseignèrent la culture du vin. Une fois adulte, Bacchus porta avec lui la vigne qu'il planta et fut adoré comme le dieu du vin. Junon finit par le frapper de folie; ainsi ce demi-dieu très beau et jeune éternellement erra dans une grande partie du monde. Il était accompagné de Silène, son vieux père nourricier, et des Bacchantes. Ensemble, ils célébraient les Bacchanales (sortes d'orgies) par des chants et des danses frénétiques.
Plus tard, Bacchus entreprit de descendre aux Enfers pour ramener sa mère et lui rendre la vie. Il monta avec elle dans l'Olympe pour y être reçu de plein droit et devenir un des douze dieux.
Virg., G., II, 1-8
Le poète Virgile s'adresse à Bacchus, dieu du vin:
|
Hactenus aruorum cultus et sidera
caeli: |
Voilà pour la culture de la terre et les constellations du ciel; maintenant c'est toi, Bacchus, que je vais chanter et avec toi les jeunes plants des forêts ainsi que le rejeton de l'olivier lent à croître. Viens, ô dieu du pressoir (ici tout est rempli de tes présents; en ton honneur, chargé de pampres de l'automne, le verger est paré de fruits brillants comme des fleurs, et la vendange écume dans les cuves pleines jusqu'aux bords). Viens à moi, ô dieu du pressoir, et dépouillant du cothurne tes jambes mises à nu, trempe-les avec moi dans le vin doux. |
Ov., M., XI, 98-131
Mythe de Midas, roi cupide:
|
Iuueni Silenum reddit alumno. Huic deus optandi gratum, sed inutile, fecit muneris arbitrium, gaudens altore recepto. Ille, male usurus donis, ait:« Effice, quicquid corpore contigero, fuluum uertatur in aurum.» Annuit optatis nocituraque munera soluit Liber et indoluit, quod non meliora petisset. [...] Attonitus nouitate mali diuesque miserque effugere optat opes et, quae modo uouerat, odit. Copia nulla famem releuat; sitis arida guttur vrit et inuiso meritus torquetur ab auro. |
Il rend Silène au jeune dieu qui fut son nourrisson. Celui-ci lui permet, faveur agréable mais pernicieuse, de choisir une récompense à son goût, tant il est heureux d'avoir retrouvé celui qui l'éleva. Midas devait abuser du cadeau:" Fait, dit-il, que tout ce que mon corps aura touché se convertisse en or aux fauves reflets." Liber exauce ce souhait et s'acquitte en lui accordant un privilège qui lui sera funeste, avec le regret qu'il n'ait pas fait un voeu plus sage. [...] Epouvanté d'un mal si nouveau, à la fois riche et misérable, il ne demande plus qu'à fuire tant d'opulence et ce qu'il avait souhaité naguère lui fait horreur. Au milieu de l'abondance, il n'a pas de quoi apaiser sa faim; la soif dessèche et brûle son gosier; il maudit cet or qui lui vaut des tourments trop mérités. |
Ov., M., III, 283-312
Sémélé, corrompue par Junon, demanda à son amant Jupiter de lui dévoiler sa puissance. Ainsi se produit la première naissance de Bacchus:
|
«Nec tamen esse Iouem satis est; det pignus amoris, si modo uerus is est; quantusque et qualis ab alta Iunone excipitur, tantus talisque, rogato, det tibi complexus suaque ante insignia sumat.» Talibus ignaram Iuno Cadmeida dictis formarat; rogat illa Iouem sine nomine munus. [...] Corpus mortale tumultus non tulit aetherios donisque iugalibus arsit. Inperfectus adhuc infans genetricis ab aluo eripitur patrioque tener (si credere dignum est) insuitur femori maternaque tempora complet. |
«Au reste, il ne suffit pas qu'il soit Jupiter; il faut encore qu'il te donne un gage de son amour; si c'est véritablement lui, exige que la grandeur et la gloire dont il est environné, quand la hautaine Junon le reçoit sur son sein, se manifeste aussi quand il te presse dans ses bras; qu'il commence par revêtir l'appareil de sa puissance.» Par de tels propos Junon avait façonné l' âme nâïve de la fille de Cadmus; celle-ci demande une grâce à Jupiter sans la désigner. [...] Le corps d'une mortelle ne put supporter le fracas qui ébranlait les airs; elle fut consumée par les présents de son époux. L'enfant imparfait est arraché du sein de sa mère et, tout frêle encore, cousu ( s'il est permis de le croir) dans la cuisse de son père, où il achève le temps qu'il devait passer dans les flancs maternels. |
|
Sara Schneider, 27.05.02 |