Vespasien

Titus Flavius Sabinus Vespasianus Dupondius, né près de Réate, non loin de Rome, fut empereur de 69 à 79. Fils d'un modeste percepteur d'impôts italien, il fut le premier empereur à ne pas être romain. Il s'engagea dans la carrière militaire avant de s'occuper du monde des finances de l'Empire. Travailleur et général habile, il s'aplliqua à rétablir la situation troublée. Il fit régner une stricte économie en réaction contre les dépenses de Néron. A Rome même, Vespasien restaura le sénat décimé par Néron en y inroduisant des provinciaux gaulois et espagnols.

Référence littéraire

Ov., M, II, 32-33 :

XVIII. Primus e fisco Latinis Graecisque rhetoribus annua centena constituit; praestantis poetas, nec non et artifices, Coae Veneris, item Colossi refectorem, insigni congiario magnaque mercede donavit; mechanico quoque, grandis columnas exigua impensa perducturum in Capitolium pollicenti, praemium pro commento non mediocre optulit, operam remisit, praefatus sineret se plebiculam pascere.

 

 

Ce fut lui le premier que constitua une pension annuelle de cent mille sesterces, prélevés sur le trésor, au bénéfice des rhéteurs latins et grecs: il gratifia de dons considérables et d'appréciables rétributions non seulement des poètes éminents, mais aussi des artistes de premier ordre, comme ceux qui restaurèrent la Venus de Cos ou le colosse de Néron. Il offrit une riche récompense à un mécanicien qui proposait un appareil capable de soulever de grandes et lourdes colonnes au Capitole, et il le laissa exécuter cet ouvrage qui diminuait d'autant les frais de main d'oeuvre, non sans avoir remarqué que ce genre d'invention ne devait point l'empêcher de procurer aussi son gagne pain au menu du peuple.

XXV. Convenit inter omnis, tam certum eum de sua suorumque genitura semper fuisse, ut post assiduas in se coniurationes ausus sit adfirmare senatui, ut filios sibi successuros aut neminem. Dicitur etiam vidisse quondam per quietem stateram media parte vestibuli Palatinae domus positam examine aequo, cum in altera lance Claudius et Nero starent, in altera ipse ac filii. Nec res fefellit, quando totidem annis parique temporis spatio utrique imperaverunt.

Tous conviennent qu'il se fia toujours avec une telle certitude à son horoscope et à celui des siens, que malgré d'incessantes conjurations contre lui il osait affirmer au Sénat que ou bien ses fils lui succéderaient ou bien personne. On dit aussi qu'il lui était arrivé de se voir en songe sur une balance placée au milieu du vestibule de Palais en parfait équilibre: sur l'un des plateaux se tenaient Claude et Néron, sur l'autre lui-même et ses fils. Vision qui ne le trompait point, puisque les uns et les autres régnèrent un nombre égal d'années pendant un égal espace de temps

Sources


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Laurent Crevoisier, 5.5.02