
Marcus Ulpius Trajanus, est né à Italica en
Andalousie en 53, et est mort en Cilicie en 117. Il fut Empereur
romain entre 98 et 117. C'était le premier empereur à
ne pas être originaire de Rome. Il était issu d'une
famille italienne installée en Espagne. Fils de soldat,
élevé aux honneurs par Vespasien
(empereur de 69 à 79) il était le type accompli du
fonctionnaire. Il assuma le rôle d'un soldat et d'un
fonctionnaire : robuste, courageux, plein de bon sens et de
réalisme, de moeurs simples et spartiates. Il commença
sa carrière sous les ordres de son père en Syrie,
devint consul en 91. Il fut nommé en 96 gouverneur de la
Germanie Supérieure. En 97 il fut adopté par l'empereur
Nerva. A la mort de Nerva en 98 il fut proclamé
empereur par le Sénat. Il gouverna toujours en relations
étroites avec celui-ci, dédaignant la violence pour se
reposer avant tout sur les vertus d'une sage administration. Il
développa une forme d'assistance publique en faveur des
enfants pauvres, améliora l'approvisionnement de Rome en
céréales et multiplia les travaux à Rome (forum
de Trajan, colonne trajane, marché de Trajan).
Il fit de nombreuses conquêtes qui portèrent l'empire
à son extension extrême. Mais se sentant gravement
malade il dut se résigner à abandonner la conduite des
opérations orientales et décida de rentrer à
Rome. Il fut foudroyé en cours de route par une attaque
d'apoplexie. Le Sénat lui exprima la reconnaissance populaire
en lui décernant en 114 le titre d'Optimus (= le meilleur,
cela veut dire qu'il était perçu comme un chef
autoritaire ambitieux, soucieux d'accroître la puissance et la
grandeur romaine).
Trajan nous est surtout connu grâce à la
correspondance qu'il a eue avec son ami, l'écrivain Pline
le jeune, et grâce au panégyrique,
rédigé par ce dernier en l'honneur de cet empereur
La colonne Trajane a été érigée au début du IIe siècle (107-113). C'est l'empereur Trajan qui l'a commandée; il l'a faite réaliser par l'architecte Apollodore de Damas, qui avait servi dans les légions de Trajan en qualité d'ingénieur du génie. Cette colonne a été construite pour commémorer et célébrer une récente victoire militaire de l'empereur: la conquête de la Dacie (Roumanie actuelle). Pour réaliser cet ambitieux projet, Trajan choisit un terrain aux contours escarpés, situés entre la colline du Quirinal et celle du Capitole, à l'ouest du forum d'Auguste. Il crée un chef d'oeuvre d'architecture municipale : un forum, une basilique (centre judiciaire ), des bibliothèques et des marchés. Le forum de Trajan est le dernier et le plus grandiose des forums impériaux. L'ensemble comprenait également une vaste place au milieu de laquelle se trouvait la statue équestre de Trajan. La fonction de cette colonne est tout d'abord de proposer à l'admiration de la population les hauts faits du souverain qui la gouverne et d'attirer l'attention des générations futures sur la gloire de celui-ci (gloire de Trajan) Il veut graver ses victoires sur les Daces, il veut qu'on se souvienne de lui; il veut apparaître comme un homme puissant. Il a voulu par cette construction instaurer un nouvel art, que Trajan voulait différent de celui du monde héllénique. Il est donc resté célèbre grâce à son principal moyen de propagande: l'art.
Plin., 3, 18
Pline le jeune écrit à Vibius Sévérus et parle de sa lecture publique du panégyrique dédié à Trajan :
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Primum ut imperatori nostro uirtutes suae ueris laudibus commendarentur; deinde ut futuri principes non quasi a magistro, sed tamen sub exemplo praemonerentur, qua potissimum uia possent ad eandem gloriam niti. Nam praecipere qualis esse debeat princeps pulchrum quidem, sed onerosum ac prope superbum est; laudare uero optimum principem ac per hic posteris uelut e specula lumen quod sequantur ostendere idem utilitatis habet, adrogantiae nihil. |
Mon objet était d'abord de rendre plus chères à notre empereur, par des louanges sincères, les vertus qu'il pratique; ensuite de montrer aux princes à venir, non pas sur le ton d'un maître, mais cependant par l'enseignement d'un exemple, quelle route est la plus sûre pour arriver à la même gloire. Car prescrire ce que doit être un prince est une fort belle entreprise, mais lourde, et j'oserai dire téméraire, tandis que louer un excellent prince et par ce moyen faire briller pour ses successeurs, comme du haut d'un phare, la lumière qui doit les guider, voilà un projet aussi utile sans être présomptueux. |
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At cui materiae hanc sedulitatem praestiterunt ? Nempe quam in senatu quoque, ubi perpeti necesse erat, grauari tamen uel puncto temporis solebamus, eandem nunc et qui recitare et qui audire triduo uelint inueniuntur, non quia eloquentius quam prius, sed quia liberius, ideo etiam libenittus, scribitur. Accedet ergo hoc quoque laudibus principis nostri, quod res antea tam inuisa quam falsa nunc ut uera ita amabilis facta est. |
D'ailleurs, à quel sujet s'est adressée cette assiduité ? A un sujet que même dans le sénat, où il fallait bien l'essuyer, nous ne supportions qu'à regret, fût-ce un instant; et c'est ce sujet à présent qui trouve des lettrés pour le traiter et l'entendre traiter trois jours durant, non qu'il le soit avec plus de perfection qu'auparavant, mais parce qu'il l'est avec plus de liberté, donc avec plus de plaisir. Aussi est-ce un éloge qui s'ajoutera encore à ceux que mérite notre prince, qu'un genre jadis aussi odieux que faux soit devenu maintenant sincère et par là même intéressant. |
Extrait du panégyrique de Trajan :
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Ac primum qui dies ille quo exspectatus desideratus que urbem tuam ingressus es! Jam hoc ipsum, quod ingressus es, quam mirum laetumque! Nam prioes invehi et importari solebant, non dico quadrijugo curru et albentibus equis, sed humeris hominum, quod arrogantius erat. Tu sola corporis proceritate elatior aliis et excelsior non de patientia nostra quemdam triumphum, sed de superbia principum egisti. Ergo non aetas quemquam, non valetudo, non sexus retardavit quominus oculos insolito spectaculo impleret. Te parvuli noscere, ostentare juvenes, mirari senes ; aegri quoque neglecto medentium imperio ad conspectum tui quasi ad salutem sanitatemque properere. Inde alii se satis vixisse te viso, te recepto, alii nunc magis esse vivendum praedicabant. |
Et d'abord quel beau jour que celui où, attendu, désiré, tu as fait à pied ton entrée dans ta ville! Cette seule façon d'y entrer, quelle merveille, quel heureux présage! Car tes prédecesseurs aimaient à se faire porter; ce n'était pas assez d'un quadrige attelé de blancs coursiers, il fallait des épaules humaines pour plus d'arrogance. Toi, ta seule taille te faisait plus haut et plus grand que les autres, et tu remportais comme un triomphe non sur notre soumission, mais sur la superbe des princes. Ni l'âge, ni la santé, ni le sexe n'empêchèrent quiconque de se remplir les yeux de ce spectacle inouï. Les enfants apprenaient à te connaître, les jeunes ne cessaient de te montrer, les vieux t'admiraient; les malades eux-mêmes, au mépris de l'ordre des médecins, se traînaient vers ton apparition comme vers celle de la santé et de la guérison. Et les uns proclamaient qu'ils avaient assez vécu maintenant qu'ils t'avaient vu et t'avaient reçu, les autres que c'était surtout maintenant qu'il fallait vivre. |
Trajan répond à Pline au sujet des chrétiens :
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(1) Actum quem debuisti, mi Secunde, in excutiendis causis eorum, qui Christiani ad te delati fuerant, secutus es. Neque enim in universum aliquid, quod quasi certam formam habeat, constitui potest. (2) Conquirendi non sunt; si deferantur et arguantur, puniendi sunt, ita tamen ut, qui negaverit se Christianum esse idque re ipsa manifestum fecerit, id est supplicando dis nostris, quamvis suspectus in praeteritum, veniam ex paenitentia impetret. |
Mon cher Pline, tu as suivi la conduite que tu devais dans l'examen des causes de ceux qui t'avaient été dénoncés comme chrétiens. Car on ne peut instituer une règle générale qui ait pour ainsi dire une forme fixe. Il n'y a pas à les poursuivre d'office. S'ils sont dénoncés et convaincus, il faut les condamner, mais avec la restriction suivante: celui qui aura nié être chrétien et en aura par les faits eux-mêmes donné la preuve manifeste, je veux dire en sacrifiant à nos dieux, même s'il a été suspect en ce qui concerne le passé obtiendra le pardon comme prix de son repentir. |
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Lino Hänni, 15.01.03 |