Titus, Rome, Musée du Vatican
Titus, fils de Vespasien,
est né en 40 après J.-C. A trente ans, il fut
chargé par l'empereur, son père, de poursuivre le
siège de Jérusalem qui avait commencé une
année auparavant. Titus bloqua complètement la
ville: vaincue par la famine, elle se rendit au bout de six mois. Un
soldat romain avait jeté un tison ardent dans le Temple, qui
brûla en dépit des efforts de Titus pour le
sauver. La ville fut rasée et les Juifs
déportés.
Titus, âgé de 39 ans, succéda sans
difficulté à son père. Il avait
hérité de sa sagesse et se montra
généreux : "J'ai perdu ma journée.",
dira-t-il au soir d'un jour où il n'avait pas eu l'occasion
d'accorder une grâce.
Malheureusement Titus ne régna que deux ans, il acheva
le Colisée, mais vit la ruine de Pompéi, Herculanum et
Stabies, villes ensevelies par une terrible éruption du
Vésuve, en 79. Son règne s'étendit de 79
à 81, l'année de sa mort.
Suetone., Titus, VII :
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VII. Praeter saevitiam suspecta in eo etiam luxuria erat, quod ad mediam noctem comissationem cum profusissimo quoque familiarum extenderet; nec minus libido, propter exoletorum et spadonum greges propterque insignem reginae Berenices amorem, cum etiam nuptias pollicitus ferebatur; suspecta rapacitas, quod constabat in cognitionibus patris nundinari praemiarique solitum; deinque propalam alium Neronem et opinabantur et praedicabant. At illi ea fama pro bono cessit conversaque est in maximas laudes, neque vitio ullo reperto et contra virtutibus summis.Convivia instituit iucunda magis quam profusa. Amicos elegit, quibus etiam post eum principes ut et sibi et rei p. necessariis adquieverunt praecipueque sunt usi.Berenicen statim ab urbe dimisit, invitus, invitam. Quosdam e gratissimis delicatorum, quamquam tam artifices saltationis, ut mox scaenam tenuerint, non modo fovere prolixius, sed spectare omnino in publico coetu supersedit. |
Outre sa cruauté, on appréhendait encore son intempérance, parce qu'il se livrait avec les plus prodigues de ses amis à des orgies qui duraient jusqu'au milieu de la nuit ; et non moins son libertinage, à cause de ses troupes de mignons et d'eunuques, et de sa passion fameuse pour la reine Bérénice, à laquelle, disait-on, il avait même promis le mariage; on appréhendait sa rapacité, parce qu'il était notoire qu'il avait coutume de vendre la justice et de s'assurer des profits dans les affaires jugées par son père; enfin tous le considéraient et le représentaient comme un nouveau Néron. Mais cette mauvaise renommée tourna à son avantage et céda sa place aux plus grands éloges, quand on ne découvrit en lui aucun vice et, tout au contraire, les plus rares vertus. Il se mit à donner des festins agréables plutôt que dispendieux. Il sut choisir des amis auxquels ses successeurs eux-mêmes accordèrent toute leur confiance et leur faveur, jugeant qu'ils leur étaient indispensables, aussi bien qu'à l'Etat. Quant à Bérénice, il la renvoya aussitôt loin de Rome, malgré lui et malgré elle. Quelques-uns de ses favoris les plus chers, pourtant si habiles danseurs qu'ils devinrent plus tard des maîtres de la scène, ne furent plus comblés de ses largesses, et même il s'interdit absolument de les contempler dans un spectacle public. |
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Eloi Jeannerat, 5.5.02 |