Néron

Néron, Rome, musée du Capitole

Néron est né en 37 ap. J-C., sous le règne de Caligula, à Antium, à environ 80 kilomètres de Rome. Son vrai nom était Lucius Domitius Ahenorbarbus. Son père était le consul Cneius Domitius Ahenobarbus, qui mourut en 40, et sa mère s'appelait Agrippine la Jeune. C'est seulement plus tard qu'Agrippine changea son nom et l'appella Néron.
En 53, l'empereur Claude, qui avait épousé Agrippine quelques années auparavant, promit sa fille Octavie à Néron. Claude mourut l'année suivante et Néron lui succèda à 17 ans à la tête de l'Empire romain. En 59, il fit assassiner sa mère, car il trouva qu'elle avait trop d'influence dans sa vie politique et sentimentale. En 62, il fit également tuer sa femme Octavie, pour pouvoir épouser sa maîtresse Poppée. Deux ans plus tard, Néron fut soupçonné d'être le responsable de l'incendie qui avait détruit plus de la moitié de Rome. Néron, suite à ce drame, accomplit des gestes de bonté en nourrissant la population et en faisant reconstruire la ville de la façon optimale pour lutter contre les incendies futurs.
En 65, il réussit à échapper à un complot . Par la suite, il donnera l'ordre de tuer une vingtaine de personnes. Suite à cet événement, le philosophe Sénèque va se suicider. L'année suivante, il se rendit en Grèce pour participer à des oeuvres artistiques et sa femme Poppée mourut. Il épousera Statilia Messaline. Durant ces années-là, Néron se fit construire un palais doré ("Domus aurea"). Il se suicidera en 68.

Référence littéraire

Suétone, Vie de Néron, XXXVIII

XXXVIII. (...) Nam quasi offensus deformitate veterum aedificiorum et angustiis flexurisque vicorum, incendit urbem tam palam, ut plerique consulares cubicularios ejus cum stuppa taedaque in praediis suis deprehensos non attigerint, et quaedam horrea circa domum Auream, quorum spatium maxime desiderabat, ut bellicis machinis labefacta atque inflammata sint, quod saxeo muro constructa erant. Per sex dies septemque noctes ea clade saevitum est, ad monumentorum bustorumque deversoria plebe compulsa. Tunc praeter immensum numerum insularum domus priscorum ducum arserunt hostilibus adhuc spoliis adornatae deorumque aedes ab regibus ac deinde Punicis et Gallicis bellis votae dedicataeque, et quidquid visendum atque memorabile ex antiquitate duraverat. Hoc incendium e turre Maecenatiana prospectans laetusque "flammae", ut ajebat, "pulchritudine", Halosin Ilii in illo suo scaenico habitu decantavit. Ac ne non hinc quoque quantum posset praedae et manubiarium invaderet, pollicitus cadaverum et ruderum gratuitam egestionem nemini ad reliquias rerum suarum adire permisit; conlationibusque non receptis modo verum et efflagitatis provincias privatorumque census prope exhausit.

En effet, sous prétexte qu'il était choqué par la laideur des anciens édifices, par l'étroitesse et par les sinuosités des rues, il incendia Rome; il se cacha si peu que plusieurs consulaires, ayant surpris dans leur propriété des esclaves de sa chambre avec de l'étoupe et des torches, n'osèrent porter la main sur eux, et que des magasins de blé, occupant près de la Maison Dorée un terrain qu'il convoitait vivement, furent abattus par des machines de guerre, et incendiés, parce qu'ils étaient construits en pierre de taille. Le fléau se déchaîna pendant six jours et sept nuits, obligeant la plèbe à chercher un gîte dans les monuments publics et dans les tombeaux. Alors, outre un nombre infini de maisons de rapport, les flammes dévorèrent les habitations des généraux d'autrefois, encore parées des dépouilles ennemies, les temples des dieux, voués et consacrés par les rois, puis lors des guerres contre Carthage et contre les Gaulois, enfin tous les monuments curieux et mémorables qui restaient du passé. Néron contemplait cet incendie du haut de la tour de Mécène et charmé, disait-il, " par la beauté des flammes ", il chanta la prise d'Ilion dans son costume de théâtre. Et, pour ne pas manquer même cette occasion de ramasser autant de butin et de dépouilles qu'il le pourrait, il promit de faire enlever gratuitement les cadavres et les décombres et ne laissa personne approcher des restes de ses biens; puis, non content d'accepter des contributions pécuniaires, il en exigea, ce qui réduisit presque à la ruine les provinces et les paticuliers.

Sources


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Nicolas Fridez, le 26.11.02