Tiberius Claudius Drusus Nero Germanicus dit Claude
(né en -10, mort en 54). Empereur romain en 41. Frère
de Germanicus, oncle de Caligula.
A la mort de Caligula, il se
trouve âgé de 52 ans. Il est au moment de l'assassinat
de Caligula le seul représentant de la famille
d'Auguste puisqu'il avait pour
grand-mère Octavie la soeur d'Auguste,
et les prétoriens le proclamèrent Empereur sans
attendre la décision des conjurés et du Sénat.
Claude fut alors investi par le Sénat le 25 janvier 41.
Il n'avait pas demandé le pouvoir mais l'exerça dans le
sens de la fidélité dynastique en faisant
exécuter les meurtriers de Caligula.
L'Empereur Claude n'avait pas d'allure; il était
agité de tics nerveux, goinfre, ivrogne et peureux. Tenu
à l'écart depuis toujours et considéré
comme un minus inoffensif. Ce qui lui avait permis de survivre
à tant de meurtres dynastiques. Il n'avait pas
d'expérience politique ni militaire. C'était un
intellectuel qui avait consacré ses loisirs forcés
à des études historiques. Sa culture était
étendue mais son élocution pénible et la suite
de ses idées pas toujours évidente. Il y eut sous
Claude un véritable esprit réformateur et progressiste.
Claude est d'abord l'héritier d'Auguste
et comme lui il veut agir en accord avec le Sénat. Il refuse
les honneurs excessifs du culte impérial. Comme Auguste,
il était favorable aux traditions de Rome. Et comme Auguste
et Tibère il était
hostile aux religions étrangères, chassa de Rome les
juifs, ainsi que les astrologues et poursuivit le druidisme. Mais
après les désordres du règne de Caligula,
il voulut restaurer l'État en développant
l'Étatisme et la centralisation. Il s'intéressa aux
provinciaux et eut de l'Empire et de la citoyenneté romaine
une vision universaliste et généreuse qui était
celle de l'avenir.
Claude était passionné de justice. La
législation était abondante et marquée d'un
souci d'humanité notamment envers les esclaves et les
affranchis. Envers les provinciaux, il se montra
généreux du droit de cité, au point de susciter
la critique des sénateurs. Claude eut alors à
réprimer des complots et se montra sévère. Il
vivait dans la hantise de l'assassinat ce qui le rendait impitoyable.
L'archéologie garde le souvenir de ses travaux
d'équipements, basiliques, entrepôts, aqueducs et de
nombreuses routes refaites ou ouvertes sur un plan rationnel. En fait
malgré une certaine faveur obtenue auprès de la
plèbe, Claude trouvait ses principaux appuis chez les
prétoriens, et dans l'armée. Cet empereur si peu
militaire eut par la suite une politique extérieure active et
brillante, assura de belles carrières aux chefs de valeur et
ne combattit jamais personnellement.
La fin de son règne fut assombrie par les intrigues de ses
deux dernières épouses. Messaline (il eut un
fils avec elle, Britannicus) qui le trompa odieusement fut
exécutée en 48 car elle complotait contre Claude. Il
épouse alors, sur le conseil de son affranchi et favori
Pallas, sa nièce Agrippine, et adopte son fils
Néron. Mais Agrippine a
une ambition dévorante, le goût du pouvoir et la
tête politique. Agripinne s'attacha à supplanter
Britannicus afin d'assurer l'Empire à Néron.
Mais Britannicus avait des partisans, alors Agrippine
brusqua les choses et empoisonna Claude en octobre 54, il
était âgé de 64 ans.
Suet. Cl.21.
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Gladiatoria munera plurifariam ac multiplicia exhibuit...Nec ullo spectaculi genere communior aut remissior erat, adeo ut oblatos victoribus aureos prolata sinistra pariter cum vulgo voce digitisque numeraret, ac saepe hortando rogandoque ad hilaritatem homines provocaret, dominos identidem appellans, immixtis interdum frigidis et arcessitis iocis ; qualis est ut cum Palumbum postulantibus daturum se promisit, si captum esset... Quin et emissurus Fucinum lacum naumachiam ante commisit. Sed cum proclamantibus naumachiariis : Ave, imperator, morituri te salutant ! Respondisset : aut non ! Neque post hanc vocem quasi venia data quisquam dimicare vellet, diu cunctatus an omnes igni ferroque absumeret, tandem e sede sua prosiluit ac per ambitum lacus non sine foeda vacillatione discurrens, partim minando partim adhortando ad pugnam compulit. |
(L'empereur Claude) organisa des combats de gladiateurs variés en plusieurs endroits... Dans aucun autre genre de spectacle, il ne se montrait plus simple, plus détendu. Les pièces d'or offertes aux vainqueurs, il les comptait, à haute voix, sur les doigts de la main gauche tendue, comme les gens ordinaires. Bien souvent, par ses encouragements, ses demandes, il éveillait, chez les spectateurs, de grands éclats de rire parce qu'il leur donnait, à tout moment du "Monsieur" et parce que ses plaisanteries, lourdes, jetaient un froid. Ainsi, lorsqu'il leur promit de faire passer le gladiateur Pigeon ... si on l'attrapait ! ...Avant d'assécher le lac Fucin, il y organisa un combat naval. Au moment où les combattants criaient "Salut, empereur, ceux qui vont mourir te saluent", il répondit: "Peut-être!" Après cette parole qui résonnait comme une faveur, plus personne ne voulut combattre. Claude se demanda longtemps s'il allait les faire périr par le feu. Finalement, il se leva de son siège, fit le tour du lac en courant de manière hésitante et ridicule, pour les amener à se battre, par des menaces ou des encouragements. |
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Saevum et sanguinarium natura fuisse, magnis minimisque apparuit rebus... Quocumque gladiatorio munere, vel suo vel alieno, etiam forte prolapsos iugulari iubebat, maxime retiarios, ut expirantium facies videret... Bestiariis meridianisque adeo delectabatur, ut et prima luce ad spectaculum descenderet et meridie, dimisso ad prandium populo, persederet, praeterque destinatos etiam levi subitaque de causa quosdam committeret, de fabrorum quoque ac ministrorum atque id genus numero, si automatum vel pegma vel quid tale aliud parum cessisset. |
Son naturel cruel et sanguinaire se manifestait dans les petites choses comme dans les choses importantes... Dans les combats de gladiateurs, organisés par lui ou par d'autres, il faisait égorger ceux qui étaient tombés, même sans l'avoir fait exprès, surtout les rétiaires parce qu'on voyait bien leur visage lorsqu'ils rendaient l'âme... Il aimait les spectacles avec les bêtes et les combats de midi. Dès l'aube, il se rendait aux arènes où il restait pendant midi. Tandis que le public était allé manger, il faisait s'affronter les combattants prévus au programme mais aussi, sous un vain prétexte, d'autres personnes qu'il désignait parmi les ouvriers ou les employés de l'arène, lorsque l'une ou l'autre machinerie n'avait pas bien fonctionné. |
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Mors eius celata est, donec circa successorem omnia ordinarentur.Itaque et quasi pro aegro adhuc uota suscepta sunt et inducti per simulationem comoedi, qui uelut desiderantem oblectarent. Excessit III. Id. Octob. Asinio Marcello Acilio auiola coss. sexagesimo quarto aetatis, imperii quarto decimo anno, funeratusque est sollemni principum pompa et in numerum deorum relatus; quem honorem a Nerone destitutum abolitumque recepit mox per Vespasianum.
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Sa mort fut tenue secrète jusqu'à ce que tout fût réglé concernant son successeur. Aussi l'on commença des prières publiques, comme s'il était encore malade, et, pour donner le change on fit venir ( au Palatium) des comédiens, qu'il avait soi-disant demandés pour le distraire. Il mourut le troisième jour avant les ides d'octobre, sous le consulat d'Asinius Marcellus et d'Acilius Aviola, dans la soixante - quatrième année de sa vie et la quatorzième de son principat; on célébra ses funérailles avec la pompe impériale d'usage et il fut rangé au nombre des dieux, mais Néron laissa tomber, puis abolit son culte, que rétablit plus tard Vespasien. |
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Eline Hauser, 29.01.03 |