Caligula
Caïus Julius Caesar Germanicus 12-41 ap. J.C, fils de
Germanicus et d'Agrippine, est plus connu sous le nom
de Caligula. Ce surnom lui vient probablement du fait qu'il a
grandi parmi des militaires. En effet, Caligula est un
dérivé de caliga: chaussure de soldat.
Caligula succéda en 37 à Tibère,
son oncle, qui lui donna le titre d'empereur car il appréciait
beaucoup son neveu. Après six mois de règne, il tomba
malade et peu à peu, sa santé mentale se
détériora. L'événement qui a
définitivement fait sombrer Caligula dans la folie est
certainement la mort de sa soeur Drusilla, avec qui il
entretenait une relation incestueuse. Dans sa démence, il
dépensa tout l'argent légué par Tibère
en construisant par exemple de somptueux navires. On raconte
également que Caligula avait l'intention de nommer son
cheval Incitatus consul.
Sa politique devient de plus en plus incompréhensible, ce qui
lui a valu de nombreuses oppositions venant des milieux dirigeants.
En ce qui concerne l'ordre intérieur, Caligula fit
quelques changements, notamment en ce qui concerne la justice. Sur le
plan international par contre, il n'avait guère les moyens de
faire de grandes actions, c'est pourquoi son règne est
essentiellement marqué par un combat sur le Rhin en 39 et par
une tentative d'invasion de la Bretagne, mais qui a
échoué.
Dans les dernières années de sa vie, il se prenait
même pour un dieu, si bien qu'il fît constuire un temple
en son honneur. En 41, victime d'une conjuration, il mourut
assassiné dans son palais par Cherea, qui était
à la tête d'un complot de prétoriens contre
Caligula.
On raconte qu'après sa mort, toutes les inscriptions
liées à Caligula ont été
effacées dans le but d'oublier son existence.
Suet, Cal. XII
ASSASSINAT DE TIBERE.
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(4) Per hanc insinuatus Macroni ueneno Tiberium adgressus est, ut quidam opinantur, spirantique adhuc detrahi anulum et, quoniam suspicionem retinentis dabat, puluinum iussit inici atque etiam fauces manu sua oppressit, liberto, qui ob atrocitatem facinoris exclamauerat, confestim in crucem acto. (5) Nec abhorret a ueritate, cum sint quidam auctores, ipsum postea etsi non de perfecto, at certe de cogitato quondam parricidio professum; gloriatum enim assidue in commemoranda sua pietate, ad ulciscendam necem matris et fratrum introisse se cum pugione cubiculum Tiberii dormientis et misericordia correptum abiecto ferro recessisse; nec illum, quanquam sensisset, aut inquirere quicquam aut exequi ausum. |
(4) Dès qu'il eût ainsi gagné Macron, suivant quelques historiens, il empoisonna Tibère. L'empereur respirait encore quand il lui fit enlever son anneau; et, comme il paraissait vouloir le retenir, il fit jeter sur lui un coussin, et même l'étrangla de sa propre main. Un affranchi, qui s'était récrié sur l'atrocité de l'acte, fut aussitôt mis en croix. (5) Ce récit paraît d'autant plus vraisemblable, que Caligula lui-même se vanta, selon quelques auteurs, sinon d'avoir commis ce parricide, du moins de l'avoir projeté. Il se glorifiait souvent, pour faire voir son attachement à sa mère et à ses frères, d'avoir voulu les venger. Il était entré, disait-il, avec un poignard dans la chambre de Tibère endormi; mais la pitié l'avait retenu; il avait jeté son arme, et s'était retiré sans que Tibère, quoiqu'il s'en fût aperçu, osât ni le poursuivre ni le punir. |
PARCOURS POLITIQUE
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(1) Consulatus quattuor gessit, primum ex Kal. Iul. per duos menses, secundum ex Kal. Ian. per XXX dies, tertium usque in Idus Ian., quartum usque septimum Idus easdem. (2) Ex omnibus duos nouissimos coniunxit. (3) Tertium autem Luguduni iniit solus, non ut quidam opinantur superbia neglegentiaue, sed quod defunctum sub Kalendarum diem collegam rescisse absens non potuerat. (4) Congiarium populo bis dedit trecenos sestertios, totiens abundantissimum epulum senatui equestrique ordini, etiam coniugibus ac liberis utrorumque; posteriore epulo forensia insuper uiris, feminis ac pueris fascias purpurae ac conchylii distribuit. (5) Et ut laetitiam publicam in perpetuum quoque augeret, adiecit diem Saturnalibus appellauitque Iuuenalem. |
(1) Il fut quatre fois consul: la première, depuis les calendes de juillet, pendant deux mois; la seconde, depuis les calendes de janvier, pendant trente jours; la troisième, jusqu'aux ides de janvier; et la quatrième, jusqu'au sept de ce mois seulement. (2) Ses deux derniers consulats furent consécutifs. (3) Il prit possession du troisième à Lyon, sans collègue, non par orgueil ou par indifférence, comme quelques-uns le croient, mais parce qu'étant absent, il ne put savoir que son futur collègue était mort vers le jour des calendes. (4) Il donna deux fois au peuple trois cents sesterces par tête, et servit deux repas somptueux au sénat et aux chevaliers, et même à leurs femmes et à leurs enfants. Dans le second de ces repas, il distribua des costumes de ville aux hommes, et des bandelettes de pourpre aux enfants et aux femmes; (5) puis, afin d'augmenter à perpétuité les réjouissances publiques, il ajouta un jour aux Saturnales, qu'il appela "jour de la jeunesse". |
DEUX VERSIONS DE SA MORT
(...) Alii tradunt adloquenti
pueros a tergo Chaeream ceruicem gladio caesim grauiter
percussisse praemissa uoce:
<<Hoc
age!>>,
dehinc Cornelium Sabinum, alterum e coniuratis, tribunum ex
aduerso traiecisse pectus, alii Sabinum, summota per
conscios centuriones turba, signum more militiae petisse et,
Gaio
<<Iouem>>
dante, Chaeream exclamasse:
<<Accipe
ratum!>>
respicientique maxillam ictu discidisse. Iacentem
contractisque membris clamitantem
<<se
uiuere>>
ceteri uulneribus trignita confecerunt; nam signum erat
omnium:
<<Repete!>>.
Quidam etiam per obscena ferrum adgerunt.(...) (...) D'après les uns,
tandis qu'il s'entretenait avec ces enfants, Cherea le
blessa grièvement au cou, par derrière, avec
le tranchant de son glaive, en prononçant le mot
<<Faites!>>,
puis le tribun Cornelius Sabinus, le second conjuré,
l'attaquant de face, lui transperça la poitrine;
d'après les autres, Sabinus, ayant fait
écarter la foule par des centurions affiliés
au complot, lui demanda le mot d'ordre, suivant l'usage
militaire et Gaius répondant
<<Jupiter>>,
Cherea s'écria:
<<Sois
exaucé!>>,
puis, comme l'empereur se retournait, lui fracassa la
mâchoire. Etendu à terre, les membres
repliés sur eux-mêmes, il ne cessait de crier
qu'il vivait encore, mais les autres conjurés
l'achevèrent en lui portant trente coups, tous ayant
pour cri de ralliement le mot
<<redouble!>>;
certains même lui enfoncèrent leur glaive dans
les parties honteuses.(...)
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Virginie Boillat, 13.11.2002 |