Augustus imperator, Rome, musée de la Civilisation romaine
C. Octavius Thurinus, né le 28 septembre 63 av.
J.-C., sera adopté par César et s'appellera
C. Julius Caesar Octavianus (Octave). Il règne de 31
av. J.-C. à 14 ap. J.-C. A 19 ans, après la mort de
César qui l'avait désigné comme son
successeur, il entre dans la vie politique romaine. Il se rend
populaire, flatte le sénat, contraint Antoine, candidat
à la succession de César, à quitter Rome
et s'appuie sur Cicéron. En 43, il forme avec
Antoine, avec qui il s'est réconcilié, et
Lépide le second triumvirat. Antoine, qui a
entretemps épousé Octavie, la soeur
d'Octave, se voit confier la tâche d'aller chercher des
fonds en Orient, alors qu'Octave occupe l'Occident et
Lépide l'Afrique. Lépide est rapidment mis
à l'écart. En Egypte, Antoine s'éprend de
la reine Cléopâtre; Octave chasse les
partisants d'Antoine de Rome, prétendant défendre les
valeurs romaines d'Occident. Après la bataille navale d'Actium
en 31, Antoine, vaincu, cerné par l'armée
d'Octave, se donne la mort.
Octave se retrouve seul maître de Rome. Il apporte la
paix à Rome et dans les provinces romaines. Il réunit
peu à peu tous les pouvoirs dans ses mains : le pouvoir
militaire suprême, le tribunat sans limites de temps ni
d'espace, la censure, le grand pontificat (titre religieux). Il
reçoit le titre d'Augustus (sacré). Il ne prend
ni le titre de roi, ni celui de dictateur : il refuse la
dictature perpétuelle. Auguste devient Princeps
(senatus), président du sénat, et établit
à son profit la monarchie, mais en gardant les formes
républicaines. Il réorganise l'Empire, encourage les
arts, l'agriculture, les lettres, protège la religion. Il
pacifie l'Espagne et combat les Germains. A plusieurs reprises, il
feint de vouloir abandonner le pouvoir, ce à quoi le
sénat s'oppose. Il meurt à l'âge de 76 ans
à Nole, en Campanie. Après sa mort, son culte,
associé à celui de la déesse Rome,
devient le lien religieux de tout l'Empire.
Auguste, Res Gestae, 34
Auguste décrit la gratitude et la reconnaissance du peuple et du sénat.
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In consulatu sexto et septimo, postquam bella civilia exstinxeram, per consensum universorum potitus rerum omnium, rem publicam ex mea potestate in senatus populique Romani arbitrium transtuli. Quo pro merito meo senatus consulto Augustus appellatus sum et laureis postes aedium mearum vestiti publice coronaque civica super ianuam meam fixa est et clupeus aureus in curia Iulia positus, quem mihi senatum populumque Romanum dare virtutis clementiaeque iustitiae et pietatis caussa testatum est per eius clupei inscriptionem. Post id tempus dignitate omnibus praestiti, potestatis autem nihilo amplius habui quam ceteri qui mihi quoque in magitratu conlegae fuerunt. |
Durant mes sixième et septième consulats (28 à 27), après avoir éteint les guerres civiles, lorsque j'ai reçu du consentement de tous la direction des affaires publiques, le gouvernement de l'état a été de mon fait transféré de ma propre puissance au pouvoir du sénat et du peuple romain. Pour marquer sa reconnaissance envers moi, le sénat me décerna par décret le titre d'Augustus, les montants de la porte de ma maison furent habillés de lauriers par décision officielle et une couronne civique fut accrochée au-dessus de ma porte. Un bouclier d'or fut placé dans la Curia Julia; le sénat et le peuple romain me l'ont donné "en raison de mon courage, de ma clémence, de ma justice et de ma piété", c'est ce qu'atteste l'inscription de ce bouclier. Par la suite, malgré ma prééminence sur tous, je n'ai eu aucun pouvoir supérieur à celui de mes collègues qui ont exercé les mêmes magistratures que moi. |
Suet, Aug., 58
Suétone justifie le terme de Père de la Patrie...
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Pater patriae Patris patriae cognomen universi repentino maximoque consensu detulerunt ei : prima plebs legatione Antium missa; dein, quia non recipiebat, ineunti Romae spectacula frequens et laureata; mox in curia senatus, neque adclamatione, sed per Valerium Messalam. Is mandantibus cunctis : "Quod bonum, inquit, faustumque sit tibi domuique tuae, Caesar Auguste ! Sic enim nos perpetuam felicitatem rei publicae et laeta huic precari existimamus : senatus te consentiens cum populo Romano consalutat patriae patrem." Cui lacrimans respondit Augustus his verbis (ipsa enim, sicut Messalae, posui) : "Compos factus votorum meorum, patres conscripti, quid habeo aliud deos immortales precari, quam ut hunc consensum vestrum ad ultimum finem vitae mihi perferre liceat ?" |
Père de la Patrie Le surnom de "Père de la Patrie" lui fut décerné par tous, d'un soudain et parfait accord : la plèbe le lui offrit la première, en lui envoyant une délégation à Antium; puis, comme il refusait, la plèbe en masse, couronnée de laurier, quand il entra au spectacle à Rome; enfin, le sénat, dans la curie, non point sous forme de décret, ni par acclamation, mais par la bouche de Valerius Messala. Celui-ci s'exprima au nom de tous : "Bonheur et prospérité pour toi et pour ta famille, César Auguste ! Nous croyons, en effet, que nous souhaitons à l'Etat une éternelle prospérité dans la mesure où nous souhaitons des joies à ta famille : le sénat, d'accord avec le peuple romain, te salue "Père de la Patrie". Alors Auguste, versant des larmes, lui répondit en ces termes (je les cite textuellement comme ceux de Messala) : "Ayant obenu la réalisation de mes voeux, Pères conscrits, que puis-je désormais demander aux dieux immortels, sinon de voir cet accord se maintenir entre vous jusqu'au dernier jour de ma vie ?" |
Suet, Aug., 7
Et explique ici la signification du titre d'Auguste.
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AUGSTUS Augustus potius (vocatus est), non tantum novo sed etiam ampliore cognomine, quod loca quoque religiosa et in quibus augurato quid consecratur augusta dicantur, ab auctu vel ab avium gestu gustuve, sicut etiam Ennius docet scribens : Augusto augurio postquam inclita condita Roma est. |
AUGUSTE (Il fut surnommé) plutôt Augustus (que Romulus) non seulement parce que ce titre était nouveau mais encore parce qu'il était plus significatif : ce terme vient de auctus "le garant" ou de avium gestu ou gustu "par le mouvement" ou "par la nourriture des oiseaux". On appelle "augustes" les lieux à caractère religieux où l'on consacre quelque chose après avoir pris les augures. C'est ce qu'indique ce vers d'Ennius : "Après que l'illustre Rome eût été fondée sous d'augustes augures". |
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Pierre Siegenthaler, 4.12.02 |